Le jeudi 3 février 2011, Denis Robert a été blanchi par la Cour de cassation de sa condamnation pour deux de ses livres (Révélation$ et La Boîte noire) et un documentaire (Les Dissimulateurs), diffusé sur Canal +. Une victoire, gagnée contre Clearstream, mais aussi contre ceux qui, à l’instar de Philippe Val et d’Edwy Plenel, avaient tenté de discréditer son travail ou multiplié les soupçons, à l’instar de la presse bien pensante. Nous y reviendrons.

le film « Les Dissimulateurs » diffusé en 2001

http://nous-les-dieux.org/VIDEOS/LesDissimulateurs.mp4

(« l’objet du délit » qui n’en a jamais été un !)

« Clearstream est condamnée à une amende de 9000 euros et surtout à me verser des dommages dont le montant sera fixé par la Cour d’Appel de Lyon. Toute mon enquête est entièrement validée. Les jugements sont définitifs et sans recours pour la multinationale. La jurisprudence de la cour européenne des droits de l’homme fait foi, les jugements consacrent le droit à l’information comme une vertu cardinale. Il souligne que j’ai fait œuvre d’utilité publique en révélant l’existence et le fonctionnement trouble de Clearstream. Je vais publier un texte plus précis dans la journée. C’est une incroyable et formidable victoire pour le journalisme. Et pour moi. J’ai pu mener ce combat et poursuivre à son terme cette longue procédure grâce au milliers de gens qui ont participé à mon comité. C’est à eux que je pense ainsi qu’au 500 journalistes qui ont envoyé leur carte de presse en soutien. ça fait vraiment plaisir. Mille mercis. »

Sans dissimuler notre plaisir, nous publions, le texte que Denis Robert a adressé à ses amis :

Dix ans et toutes mes dents

Note pour mes amis et les amis de mes amis qui ont la mémoire embrouillée et me demandent des détails sur les jugements de la Cour de cassation qui viennent de tomber. D’abord vous dire qu’ils mettent un terme une longue bataille judiciaire et qu’ils m’enchantent.

Depuis dix années que Révélation$ est sorti (28 février 2001), de nombreuses plaintes ont été déposées contre mon éditeur, les chaînes qui ont diffusé mes films, de nombreux journaux et contre moi. Une soixantaine en tout, dans plusieurs pays, en comptant les procédures pénales et les constitutions de partie civile.

Parmi ces plaintes, une dizaine émanait de la Banque générale de Luxembourg et une vingtaine a été lancée par la Menatep, une banque russe liée à la mafia. Je peux dire que globalement j’ai gagné tous ces procès.

La chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream a diligenté une grande partie des autres procédures. Leur stratégie a été essentiellement basée sur la calomnie, une extrême mauvaise foi, le harcèlement, l’acharnement et l’intimidation.

Cette stratégie, loin du droit, échoue lamentablement aujourd’hui, pour laisser place à la justice et au journalisme. Une victoire sans tambours ni trompettes. Une victoire gravée dans le marbre. Un souvenir de victoire bientôt. Peu importe. Cette décision ouvre d’intéressantes perspectives. Clearstream ne pourra plus faire comme avant…

Une vingtaine de plaintes ont été déposées par la multinationale en France, en Belgique, au Luxembourg, occasionnant des centaines de visites d’huissiers à mes domiciles. Passé les limites, je ne compte plus.

J’ai perdu quelques procès (en particulier pour des interviews à des journaux, je pense à Sud-Ouest ou VSD). J’en ai gagné (Le Nouvel Obs, Le Point, « Tout le monde en parle » sur France 2). J’aurais pu et j’aurais dû, si j’avais eu les moyens financiers, aller systématiquement pour toutes ces procédures jusqu’à la Cour de cassation. Je ne l’ai fait que pour trois d’entre elles. Les plus importantes à mes yeux, puisque ces procédures concernaient les deux livres originels Révélation$, La Boîte noire et Les Dissimulateurs, mon premier documentaire sur l’affaire.

Passons sur Clearstream l’enquête, qui a occasionné une condamnation symbolique (mais onéreuse en frais de procédure) à Luxembourg, pour nous intéresser au reste…

Pour Révélation$ et Les Dissimulateurs (mon premier documentaire, diffusé en février 2001), j’ai été condamné en diffamation à hauteur d’un euro symbolique de dommages et intérêts en mars 2004, puis (en appel) à 1 500 € en octobre 2008, sans compter les frais de procédure.

Pour La Boîte noire (sorti en octobre 2002), Clearstream a été déboutée et condamnée à me verser 3 500 € de dommages et intérêts en première instance. Devant la cour d’appel (Paris, octobre 2008), j’ai été condamné à 1 500 €, sans compter les frais de procédures et de publication des décisions.

Je me suis pourvu en cassation. J’ai pris cette décision contre l’avis de nombreuses personnes, dont mon éditeur, Les Arènes, et la chaîne Canal +, qui ont refusé de poursuivre les procédures. Je ne les accable pas. De leur place, il leur était sans doute difficile d’aller au bout de la bataille à mes côtés. Certains auraient lâché avant.

Dans les jours qui ont suivi les décisions de la cour d’appel, Clearstream a acheté une page dans Le Monde pour proposer une transaction qui consistait à accepter ces condamnations contre la non-exécution des arrêts. En gros, le non paiement des sommes auxquelles j’étais condamné.

Il était impensable d’accepter un tel compromis, de renier mon travail, mon enquête. Il était indispensable sur les principes qui fondent ce que doit être le journalisme, de me battre jusqu’au bout pour obtenir une décision reconnaissant le droit. J’étais prêt à aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme s’il le fallait.

Je savais ce que j’avais vu et fait. J’avais intégré les enjeux de cette bataille. Un système financier sain au départ a été dévoyé, ouvrant d’incroyables possibilités de dissimulation. Mon enquête était, est, restera fondée. Mes écrits reposent sur des documents, des courriers, des listings, des microfiches, des témoignages filmés. Des éléments suffisamment probants qui ont permis de mettre à jour des comptes non publiés produisant de l’opacité, un système d’effacement de traces de transactions, la probabilité très forte d’une double comptabilité, des liens présumés entre Clearstream et l’Église de scientologie, l’hébergement de banques mafieuses, l’utilisation de Clearstream pour la mise en œuvre d’opérations occultes, l’absence totale de transparence et de contrôle, la complicité des auditeurs, le licenciement du personnel qui refusait de procéder à des manipulations comptables et de publier des bilans de fait maquillés… Mon enquête et la simple lecture de mes documents montraient, montrent que cette firme abritait plus de 6 000 comptes ouverts dans des paradis fiscaux. Parmi ces comptes, des sociétés off shore, mais aussi des filiales de banques respectables. J’ai révélé que des multinationales pétrolières, agroalimentaires ou industrielles avaient également ouvert des comptes discrets à Clearstream. J’en passe et des dizaines.

Au-delà du coup de projecteur sur cette firme, l’ensemble de ce travail explicitait les dérives inquiétantes du système financier international et révélait les contours d’une finance véritablement parallèle.

J’en savais beaucoup et je ne voulais pas me taire. Je restais persuadé que les juges de la cour d’appel ne m’avaient pas jugé comme il le fallait au vu des éléments du dossier.

L’appui de mes amis du comité et des mille huit cent quatre-vingt-six personnes ayant soutenu ce qui devenait un combat de longue haleine ont été déterminants.

Canal + et mon éditeur ont été condamnés à mes côtés, mais Clearstream s’est retournée systématiquement vers moi. Le but n’était pas tant l’argent que la volonté de m’étouffer financièrement, de m’empêcher de poursuivre mes recherches et de me défendre.

Le moment de bascule a été l’affaire pénale dite « Clearteam 2 ». Celle mettant en cause Dominique de Villepin.

Clearstream s’est constituée partie civile dans cette procédure concernant les listings truqués. J’ai été mis en examen pour vol et recel en fin d’année 2006. Dès lors, sans que je m’en rende compte, la suspicion a changé de camp. Les communicants de la firme et leurs avocats ont habilement utilisé cette seconde procédure pour influencer les juridictions dans les procès qui m’étaient faits.

Clearstream me présentait comme le pivot de cette nouvelle affaire qui n’avait aucun lien avec les litiges nous concernant. Tenter de ridiculiser mon travail ne suffisait plus, il fallait pratiquer l’amalgame et la confusion.

Combien de fois ai-je entendu les avocats de la firme ou des journalistes malveillants se moquer de « mes erreurs », m’appeler le « falsificateur » ou le « conspirationniste ». Tout cela a joué. Comme ont dû jouer les articles fielleux écrits par des procureurs à moustache, des éditorialistes à deux balles, des concierges du Net. Je sais, je ne devrais pas. Mais bon. Je pense aussi à certains politiques qui m’avaient épaulé et qui soudainement ont baissé les yeux.

J’ai arrêté mon blog. J’ai arrêté le contact frontal. Je suis resté zen. J’ai attendu que ça passe. J’ai été relaxé en janvier 2010. Cette décision pénale est définitive.

Pour le reste, j’ai attendu que des magistrats jugent, tranquillement. Loin du tumulte. C’est ce qui vient de se passer.

La Cour de cassation est la plus haute instance judiciaire française. Le dernier recours avant la Cour européenne des droits de l’homme. Je l’avais envisagé.

Chacun des trois arrêts qui me libère aujourd’hui et accable Clearstream est rédigé dans des termes clairs, précis et sans ambiguïté. La Cour de cassation « autorise » les propos et les imputations contenues dans mes deux livres et mon documentaire.

La première chambre civile de la Cour de cassation, se fondant sur l’article 10 de la Cour européenne des droits de l’homme, a rendu trois arrêts qui sonnent le glas à mes ennuis et ouvrent des brèches importantes chez ceux qui m’attaquaient.

C’est fondamental. Ça fera jurisprudence.

Les arguments retenus par la Cour de cassation sont intégralement ceux développés par mes défenseurs, Michel Zaoui, Bénédicte Litzler, au cours des dix années de procédure. Ces arguments ont été plaidés par Denis Carbonnier à la Cour de cassation. Il s’agit d’une reconnaissance de la qualité de leur travail et du mien.

La Cour de cassation a annulé mes trois condamnations du 16 octobre 2008 pour diffamation. Elle a explicitement reconnu « l’intérêt général du sujet » et le « sérieux de mon enquête ».

Tout le monde peut maintenant citer partout ce que j’avais écrit.

Dix ans pour mesurer l’aveuglement du dirigeant de Clearstream qui a porté plainte à l’origine contre moi. Ses successeurs n’ont pas démontré plus de clairvoyance puisqu’ils ont régulièrement relayé et encouragé ces plaintes.

Je ne sais pas ce que deviendront les informations contenus dans mes livres et mes films. Je ne sais pas ce que les Allemands qui ont racheté Clearstream en 2002 (suite à mon enquête) et qui ont forcément constaté ces dérives ont fait. La justice luxembourgeoise étant peu équipée pour traiter ces sujets, et la justice européenne encore défaillante, je crains que le combat pour mettre un peu de rationalité et de contrôle dans cette banque des banques soit encore long. Pourtant, ici plus qu’ailleurs, la question de la régulation du capitalisme se pose. Je rappellerai ce chiffre : Clearstream a annoncé en 2010 plus de dix trillions d’euros de valeurs enregistrées dans ses comptes. Dix mille milliards d’euros.

Pour revenir aux arrêts de la Cour de cassation, toutes les demandes de Clearstream à mon encontre sont définitivement rejetées. Ils sont condamnés à me verser la somme de 9 000 € au titre des frais de procédure et à me rembourser le montant de mes précédentes condamnations aujourd’hui annulées.

En ce qui concerne le préjudice financier et moral subi par moi pendant ces années, les trois affaires sont renvoyées devant la cour d’appel de Lyon. Je vais demander réparation aux dirigeants de la firme.

Par leur harcèlement, leur entêtement, leurs mensonges, leur acharnement judiciaire, Clearstream et ses communicants sont responsables de dix années à bien des égards perdues.

La crise financière étant passée par là, on voit bien les raisons politiques et financières qui les ont amenés – par tous les moyens – à me faire taire. Ils n’y sont pas parvenus. Au final, toute mon enquête est entièrement validée. Les arrêts sont définitifs et sans recours pour Clearstream.

Merci du fond du cœur à tous ceux qui m’ont soutenu. Et vous êtes nombreux. Je ne me suis jamais senti seul ou angoissé pendant ces années. Et ça je vous le dois.

Denis Robert, Chatel, le 7 février 2011

(source: acrimed.org)

6 commentaires pour “Denis Robert vient de Gagner contre Clearstream !”
  1. Voilà un bel exemple qui illustre bien la métaphore du petit colibri.
    À écouter l’interview du Daniel Mermet sur France Inter dans l’émission « là-bas si j’y suis » du 18/02/2011.
    Chapeau bas MONSIEUR ROBERT.

    • InterObjectif dit :

      Pour ceux qui ne connaisse pas la « métaphore du petit colibri » (conte amérindien raconté par Pierre Rabhi) :

      Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu.
      Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
      « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? »
      « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »
      (Pierre Rabhi, La part du colibri -- L’espèce humaine face à son devenir)

  2. Le Païen dit :

    Je suis intéressé par le sujet ; serait-il possible d’avoir accès aux divers jugements de cette affaire ?
    Merci.

    • InterObjectif dit :

      Dans un arrêt rendu jeudi 3 février 2011, la 1ère chambre civile de la Cour de cassation de Paris a cassé la décision de la cour d’appel de Paris, en relevant « l’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête ».

  3. InterObjectif dit :

    Denis Robert : « Ce qu’ils ont fait est trop… dégueulasse. »

    Soixante procès plus tard, voici Denis Robert, définitivement estampillé « bon journaliste » par la Cour de cassation, laquelle reconnaît dans son travail l’expression d’un contre-pouvoir vigoureux nécessaire à la santé des démocraties. A l’origine de dix ans de harcèlement judiciaire, que l’enquêteur a affronté avec persévérance, il y a deux livres sur une mystérieuse et discrète firme luxembourgeoise nommée Clearstream : « La Boîte Noire » et « Révélation$ », épuisés l’un et l’autre depuis longtemps sans que son éditeur Laurent Beccaria, aux Arènes, ait pu les réimprimer – chaque réimpression ouvrant la possibilité pendant trois mois aux avocats de la multinationale d’attaquer à nouveau.

    Plus d’huissier aujourd’hui au pied des rotatives, alors ça cogite dur aux Arènes. Les deux livres pourraient être fondus avec un troisième, « Clearstream, l’enquête », attaqué lui aussi, et devenir un ouvrage unique. Le projet est à l’étude, tandis qu’un Denis Robert enfin lavé de tout soupçon répond à nos questions depuis sa Lorraine profonde.

    BibliObs.- Vous venez d’être blanchi pour avoir dit que Clearstream blanchissait, pour reprendre la formule de Rue89. Comment allez-vous ?

    Denis Robert.- Rue89 a voulu faire un jeu de mots. En réalité, je me garde de dire que Clearstream blanchit. Ce sont ses clients qui peuvent chercher à blanchir grâce au système de transmission de valeurs de Clearstream. Ce que mon enquête montre véritablement, c’est que Clearstream a pu être un outil de dissimulation, de transactions financières. J’avais même écrit:«l’outil de travail des banquiers et des criminels organisés.» Ce n’est pas que ça. Mais c’était aussi ça. Ce doit être insupportable pour ses dirigeants de lire ceci sans pouvoir réagir aujourd’hui, mais c’est ce que mes livres racontent. Ils démontrent des tas d’autres choses aussi: l’effacement de transactions, l’ouverture de milliers de comptes dans des paradis fiscaux, l’organisation d’une opacité, l’existence vraisemblable d’une double-comptabilité et la présence parmi les clients de banques mafieuses.

    Je viens de relire la chute de « Révélation$ » « La découverte des circuits parallèles des sociétés de clearing nous fait apercevoir ce qu’il n’était pas prévu de montrer. Une faille dans le système. Une face cachée du capitalisme. Un point névralgique où se rencontrent des argents de toute nature, et où se nouent des comptabilités invisibles de l’extérieur. Nous avons mis un œil là où on ne va pas tarder à nous expliquer qu’il ne fallait pas aller voir. Mais c’est trop tard. » Mes livres vont être édités de nouveau, on pourra y revenir mais là, je vais faire une pause. Je vais donc très bien. Je ne me suis plus senti aussi léger depuis longtemps.

    BibliObs.- Quelle étape reste-t-il à franchir pour que soient définitivement validés les trois arrêts de la Cour de Cassation ?

    D. Robert.- Aucune. C’est définitif. Les demandes de Clearstream à mon encontre sont définitivement rejetées. Sans recours pour eux. Les seuls points restant à éclaircir sont des questions essentiellement financières comme l’évaluation du préjudice, les dommages et intérêts, les publications dans la presse. La Cour d’Appel de Lyon devra statuer sur mes demandes.

    BibliObs.- Comment va se calculer ce préjudice ?

    D. Robert.- Il n’y a pas de formule mathématique magique; il y a la réalité de ce que j’ai vécu pendant 10 ans. Je vais leur demander de réparer toutes ces années de batailles qui auraient pu être évitées s’ils s’étaient loyalement défendus au lieu d’user de calomnies et de mensonges pour tenter de m’abattre. Je vais recenser, avec mes avocats, tout ce qui s’est écrit et dit sur moi en dix ans. Avant Clearstream, j’étais plutôt tranquille. Je faisais des films, j’écrivais des romans. J’avais mille projets. J’étais très sollicité. Et puis cette histoire est entrée dans ma vie. Je n’ai fait qu’un travail de journaliste au départ. J’ai enquêté deux années, réuni des preuves, obtenu des listings, filmé mes témoins, publié un livre et réalisé avec Pascal Lorent un film. J’ai essayé par tous les moyens de donner la parole aux dirigeants de Clearstream. Ils ont refusé, manié la menace. Puis quand les livres sont sortis, ils ont usé et abusé de procédures judiciaires et de pression. On peut dire qu’ils m’ont bien pourri la vie.

    BibliObs.Qui est ce « il » ?

    D. Robert.- Il y a une chaîne de responsabilités. Ou plutôt d’irresponsabilités. C’est souvent comme ça dans les énormes structures. Les services se renvoient la patate chaude. Le premier à déposer plainte, était le PDG de Clearstream, à l’époque, André Lussi. Suite à mes livres, il a été viré avec tout son staff. Mais la plainte a été poursuivie par ses successeurs. Je sais qu’alors son service juridique n’était pas chaud à l’idée d’attaquer. C’était un choix compliqué pour eux. Soit, ils se taisaient et ce silence pouvait passer pour de l’approbation. Soit, ils jouaient l’attaque frontale. Des juges spécialisés en criminalité financière me soutenant et la mission parlementaire française s’intéressant à nos découvertes, ils ont utilisé la méthode forte: me faire taire par tous les moyens. Ils sont mal tombés. Le procès ne me dérangeait pas. J’étais sûr de mon enquête, des documents, des témoignages et de mes preuves.

    Dès lors que j’expliquais qu’il s’agissait d’un système sain au départ qui ensuite avait été dévoyé et utilisé par certains, je pense que la stratégie aurait pu être différente et bien plus positive pour l’image de Clearstream. Ça ne s’est pas exactement passé comme je l’attendais. Ils ont été habiles, ont séparé les plaintes entre pénal et civil, entre France, Belgique et Luxembourg, ont multiplié les attaques contre mes interviews dans la presse. Tout cela a pris un temps fou et a été très violent. Il s’agit d’une stratégie largement relayée par leur avocat français, Richard Malka, qui doit être aujourd’hui aussi furieux qu’il a été agressif à mon encontre. Et ça me fait assez plaisir. Aujourd’hui malgré leur arrogance, leurs moyens financiers, leurs communicants, leurs réseaux de journalistes, on peut dire que leur stratégie est allée dans le mur.

    BibliObs.- Depuis votre condamnation à 1 euro symbolique pour diffamation en 2004, on ne décrivait plus Clearstream comme un maillon de blanchiment de l’argent sale. Après cette victoire en cassation, peut-on dire à nouveau que -du moins jusqu’à parution de vos révélations- cette chambre de compensation a servi de grosse lessiveuse planétaire ?

    D. Robert.- Non, je ne dirais pas cela. C’est à la fois plus simple et plus compliqué. Plus grave aussi. Clearstream est une des deux seules chambres de compensation internationales. En janvier 2011, elle a annoncé 11,4 trillions d’euros de valeurs conservées dans ses comptes. C’est un outil de transfert, d’enregistrement et de conservation planétaire indispensable à la bonne marche du commerce interbancaire. Mon enquête montre que cette boîte noire de la finance n’était pas véritablement contrôlée. En tout cas jusqu’en 2002. Après je ne sais pas, j’ai passé plus de temps à me défendre qu’à enquêter. Quand on n’est pas bien contrôlé toutes les dérives sont possibles. Voilà ce que j’écrivais dans le dernier chapitre de « la Boîte noire »« Clearstream n’est pas contrôlé. Un organisme non contrôlé se développe d’une manière incontrôlable et répond à une logique interne originale. Des logiques s’affrontent et finissent par cohabiter. Le profit efface les scrupules. Le mimétisme ambiant rend aveugle. Les nettoyeurs font le reste. »

    J’ai montré dans mes livres que même les Etats bénéficiaient de cette opacité et l’utilisaient lors de paiement de rançons, par exemple. Mon enquête montre d’une manière aujourd’hui indiscutable que Clearstream a été dévoyée. Donc que des clients ont pu utiliser Clearstream pour dissimuler des transactions financières aux yeux des autorités judiciaires et des citoyens. C’est une clé essentielle aujourd’hui dans les dérives du capitalisme. Mettre le nez dans les comptes de Clearstream, c’est comprendre un peu comment des Etats aussi riches que les nôtres produisent autant de pauvreté. Mon enquête s’est arrêtée en 2002. Je ne sais pas ce qui s’y passe aujourd’hui d’autant que les Allemands de Deutsche Börse Clearing l’ont racheté peu de temps après la publication de mes livres. Je constate en tout cas que les dirigeants de DBC ont été aussi agressifs avec moi que leurs prédécesseurs.

    BibliObs.- Dans « le Sceptre d’Ottokar », Tintin attablé dans un restaurant syldave reçoit cet avertissement avec l’adition: « Qui s’occupe des affaires d’autrui s’expose à de graves ennuis. » Pensez-vous que les attaques réitérées contre vous toutes ces années étaient aussi  une façon de dissuader la presse d’être trop curieuse ? Ce message d’intimidation a-t-il eu un impact ?

    D. Robert.- Oui je le pense. J’étais coincé. Combien de fois ai-je entendu un journaliste me dire:«J’enquêterais bien mais mon chef a peur des procès.» Les procès ne m’ont jamais fait peur, ce sont les procédures qui coûtent très cher, qui m’ont évidemment fragilisé financièrement. Mais je ne pouvais rien faire d’autres que répondre à leurs attaques. Au Luxembourg par exemple où mon livre « Clearstream l’enquête » est sorti en 2008, j’ai été condamné à un euro. Mais la procédure a coûté 30.000 euros. Je ne vais pas tout énumérer ici mais ça a été assez difficile de résister à ce déferlement. Heureusement, il y a eu mes copains, le comité, mes avocats Michel Zaoui et Bénédicte Litzler, et tous ces gens qui se sont mobilisés.

    BibliObs.- Combien d’huissiers à votre porte en 10 ans ?

    D. Robert.- Passé 300, j’ai arrêté de compter. Hier, il en est arrivé un qui m’a amené ma convocation pour le procès du mois de mai, le procès Villepin, des parties civiles ayant maintenu leur appel contre moi, bien que ma relaxe soit définitive. Cet huissier connaît le chemin de ma maison les yeux fermés. Tous les huissiers ne sont pas venus de Clearstream. La Menatep, une banque russe et la Banque Générale de Luxembourg ont été très procédurières, elles aussi.

    BibliObs.- Combien de procès en tout ?

    D. Robert.- Si l’on prend en compte les constitutions de parties civiles et mes mises en examen, une soixantaine.

    BibliObs.- Vous n’avez jamais été menacé de saisies ?

    D. Robert.- Si, quelques fois par Clearstream quand j’avais des retards de paiements de dommages et intérêts ou de frais à la suite de certaines décisions. J’étais là aussi dans une impasse. Quand j’expliquais à mes amis, à mes parents, à ma femme ou à mes enfants que ce n’était pas grave, que je ne risquais rien, ils étaient sûrs que je leur cachais quelque chose et qu’on allait saisir la maison. Ma fille la plus jeune avait cinq ans quand j’ai commencé mon enquête. Elle en a dix-huit aujourd’hui. Elle a toujours vu des huissiers à la maison. Je sais qu’elle en a été traumatisée. Un jour où elle était seule et où un huissier voulait remettre un acte, il lui a dit que j’irais en prison si elle n’ouvrait pas la porte. A l’école, on lui disait la même chose. Aujourd’hui, elle me raconte plus volontiers le climat d’insécurité dans lequel elle a vécu. Je ne m’en rendais pas vraiment compte.

    BibliObs.- Combien de frais d’avocat ? D’argent récolté par votre association de soutien ?

    D. Robert.- On n’a pas fait le calcul dans le détail. Mais entre le comité et moi, plus de 150.000  euros ont été dépensés en dix ans. Il y a là dedans les dommages et intérêts, les frais de publication, les frais de procédures et les honoraires. Il reste un peu d’argent en caisse. Très peu.

    BibliObs.- De journées dans les  prétoires ?

    D. Robert.- Le procès Clearstream 2 a été chronophage puisqu’il a duré près de deux mois. Mais il m’est arrivé aussi souvent d’aller à Luxembourg pour des auditions devant des juges de là-bas. A Paris aussi. Je n’ai pas la mémoire des mauvais souvenirs. Je ne me suis jamais déplacé en Belgique où des procès m’étaient faits aussi. Ni en Suisse ou au Québec où la Menatep a réussi à faire interdire mon premier livre. Le plus pénible, c’est le temps passé à lire et relire des dossiers, à répondre aux questions des avocats, à rechercher des témoins pour pouvoir les faire venir à la barre. Tous ces week-ends, ces vacances où j’aurais pu m’occuper de mes enfants et que j’ai passés dans mon bureau pour gagner cette guerre judiciaire. Là oui, il y a préjudice. Et ces livres que je n’ai pu écrire à cause d’eux, ces enquêtes que je n’ai pas menées. Et puis mes proches, ce que je leur ai fait endurer. Combien de fois ai-je entendu: « Pourquoi tu ne te remets pas à un roman d’amour ? Tu vas dans le mur avec Clearstream. » Parce que je ne pouvais pas faire autrement. Parce que c’était eux qui attaquaient et pas moi. Parce que c’était une question vitale. Parce que j’avais envie de lire dans un jugement ce que je lis aujourd’hui: « L’intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l’enquête, conduite par un journaliste d’investigation, autorisaient les propos et les imputations litigieux .» Ça n’a l’air de rien, mais c’est beaucoup.

    BibliObs.En 2007, vous avez eu de gros problèmes de santé. C’était lié à cette affaire ?

    D. Robert.- J’ai eu vent de rumeurs. Certains m’ont dit mourant ou dépressif. Je l’ai même lu. Je n’ai jamais été dépressif, encore moins mourant. Mais l’été 2007, on m’a diagnostiqué une ostéonécrose. Je me suis baladé trois mois en fauteuil roulant et six mois avec une canne. C’était un problème de hanche. Le médecin m’a dit que j’avais trop de choses à porter. Je crois qu’il avait raison. Il y avait tous ces procès en diffamation qu’il me fallait travailler et gagner. Et puis l’affaire des listings truqués. A côté, il fallait vivre, gagner ma vie. Trois ans de galère et de mensonges pour arriver à une relaxe. C’était long. Il y avait aussi toutes les saloperies écrites sur moi et ânonnées sur les plateaux. Un de mes livres retirés des librairies pour des raisons qu’aujourd’hui encore, je n’arrive pas à comprendre. Tout cela dans le silence. Je crois que mon corps a somatisé. Maintenant ça va. Je cours à nouveau comme un lapin.

    BibliObs.- Clearstream vous a proposé une transaction. Ne regrettez-vous pas d’avoir refusé ?

    D. Robert.- Une première fois, en 2005, c’est moi qui leur ai proposé d’arrêter les frais. Des procédures avaient alors été gagnées par moi et par eux. J’en avais marre de me retrouver seul dans les tribunaux, mon éditeur et Canal+ voulaient que je transige. Je n’étais pas contre mais ce que demandait Clearstream n’était pas acceptable selon moi. Ensuite, juste après ma défaite en appel, ils ont voulu jouer les gros bras. Ils ont acheté cette publicité dans « le Monde » pour bien m’enfoncer: on n’encaisse pas les dommages et intérêts, on rembourse vos frais de procédure mais vous renoncez aux pourvois en cassation. C’était leur deal. J’ai refusé.

    D. Robert.- Pas une seconde. Il y avait quelque chose de vraiment offensant dans leur attitude. Et puis que «le Monde» passe leur pub sans se poser de questions. C’était déprimant. «Libé» a été plus classe. Ils ont refusé la pub. Si j’avais accepté leur deal, on n’en serait pas là aujourd’hui. Ma victoire est éclatante. Leur défaite doit avoir un goût très amer pour eux.

    BibliObs.- A qui pensez-vous en particulier ?

    D. Robert.- Aux dirigeants de Clearstream qui tendent le dos en priant pour que la presse ne bouge pas. Je pense à leurs avocats bien sûr. Ils ont participé à cette stratégie basée sur le ragot et la mauvaise foi.

    BibliObs.- Une vidéo de Philippe Val circule depuis l’annonce du jugement, où on le voit dénigrer gravement votre travail au cours d’une conférence publique. D’où sort ce film ?

    D. Robert.- Je crois que c’est une journaliste qui l’a filmé lors d’un salon du livre en 2009 à Cassis.  target="_blank">C’est très cocasse de la voir aujourd’hui. On mesure la «grandeur d’âme» de ce bonhomme. Il faut savoir que Philippe Val, dans « Charlie Hebdo », a comparé mon travail au «Protocole des Sages de Sion». Une enquête sans preuves. Des fantasmes. « Le pauvre Denis Robert ». Ce ton condescendant. Ce que je trouve plus gênant, c’est qu’un type capable de tenir ce genre de propos soit à la tête d’Inter. Mais bon. Cette vidéo permet de comprendre que les enjeux pour lui étaient aussi ailleurs que dans la simple défense de Clearstream. C’est quand même très raide cette attaque publique de Val…

    BibliObs.- Pourquoi tant de haine, selon vous ?

    D. Robert.- Malka, l’avocat de Clearstream, et Val sont les meilleurs amis du monde. Des frères, dit même Val qui reprend dans cette vidéo exactement des arguments que Malka a développés publiquement, dans ses plaidoiries, notamment devant la Cour d’appel de Paris en 2008. Il a le droit de défendre qui il veut, mais dès lors qu’il a toujours défendu la liberté d’expression et de nombreux journalistes à « Charlie Hebdo » et ailleurs, il devait être difficile pour lui de m’attaquer sur ce même terrain sans apparaître en pleine contradiction. La seule manière d’être cohérent était de me dénigrer, de me diaboliser et de me faire passer pour un journaliste falsificateur, un conspirationniste, un menteur, un guignol qui, de fait, nuisait à la presse et devait donc être sanctionné. Des journalistes et des amis à lui ont repris ses attaques. On peut au moins trouver ça contestable, non? Comment les croire maintenant quand ils se posent en champions de la liberté d’expression ?

    BibliObs.- Vous parlez de ses amis, à qui pensez-vous ?

    D. Robert.- Je n’ai pas la mémoire des détails. Mais je vous donne deux exemples. Elisabeth Levy. Reprenez ses chroniques sur son site. Je viens de les relire, un internaute me les a envoyées sur Facebook. Elle me traite de « second couteau », d’«idiot utile» cherchant à « imposer mes révélations » alors que «rien de rien n’est prouvé et que Clearstream gagne tous ses procès». Daniel Leconte, le producteur, utilise exactement le même discours. Ce qui est plus grave, c’est que lui a fait un film sur Clearstream qui doit être diffusé bientôt. Leconte, Val et Malka sont très proches.

    BibliObs.- Edwy Plenel aussi a tenu sur vous des propos très durs…

    D. Robert.- Oui. Mais ce n’est pas la même bande. Plenel est plus politique, plus travailleur. Au parti socialiste, ils ne sont pas nombreux à m’avoir soutenu surtout après ma mise en examen. Je lui dois cette mauvaise influence. Je peux oublier beaucoup de choses le concernant. Et il y en a. Ce qui reste pourtant gravé c’est son PV d’audition chez d’Huy et Pons, les juges de l’affaire Clearstream 2 où il tortille du cul avant de balancer mon nom comme étant le seul à avoir eu des raisons de le mettre dans les listings truqués. C’est honteux. C’est d’ailleurs en me connectant à votre site que j’ai découvert le PV. Et puis j’en ai marre de parler de ça. Vraiment. Je sais qu’il faudrait que je prenne de la hauteur, que je m’abstienne de citer. Mais ce qu’ils ont fait est trop… dégueulasse. J’en resterai là.

    BibliObs.- Beaucoup de journalistes vous ont lâché au plus fort de la tourmente.

    D.Robert.- Principalement des journalistes dit d’investigation. Ils étaient contents, je crois, de dire du mal d’un journaliste qui leur avait fait de l’ombre. Nous sommes une petite caste. J’en faisais partie. Là aussi, combien de fois ai-je entendu des fadaises sur mon travail? «Libé» a même «piégé» un de mes témoins et fait une interview où le gars disait que je m’étais perdu dans la jungle de mes fantasmes. Ils ont publié ça sans me prévenir. Au pire moment, quand j’étais mis en examen. Ensuite Malka s’en est servi dans les procès. Ça a toujours marché de la sorte. Maintenant c’est fini. Ils ne peuvent plus balancer. La décision de la Cour de cassation leur cloue le bec. Hormis sur le net et les réseaux sociaux où ça buzze pas mal, la presse ne s’est pas beaucoup fait l’écho de ces décisions pour l’instant, alors que les articles étaient nombreux lorsqu’il s’agissait de dénigrer mon travail…

    Mais il y a aussi eu un paquet de bonnes nouvelles. Une partie de la presse m’a soutenu. Il y a eu les concerts de soutien, Bedos, les frères Jolivet, Miossec, Cali, les Grolandais, Renaud qui envoie une de ses toiles qui sera vendue aux enchères et les dessinateurs, trop nombreux pour que je les cite. Tous ces gens se sont bougés pour moi. Cinq cents journalistes ont aussi envoyé leurs cartes de presse en soutien, principalement des journalistes de terrain, des provinciaux, des sans-grades. Il ne faut pas voir que les mauvaises nouvelles.

    BibliObs.- Combien de lettres de soutien?

    D. Robert.- Il faudrait demander à mon copain Pépé. On a une boîte postale. Il y va presque tous les jours. En début d’année, on a fait le bilan. Il y a eu 1886 dons, plus de 2.000 lettres. Mon blog, que j’ai arrêté en 2008, a vu passer plus d’un million de visiteurs. C’est ce qui a aussi perdu Clearstream. Et ce n’est pas fini.

    BibliObs.Sans  hésitation?

    BibliObs.- Vos deux livres sur Clearstream, «la Boîte noire» et  « Révélation$ », peuvent désormais sortir en poche. Si tel était le cas, les amenderiez-vous, ne serait ce que pour revoir des formulations non diffamatoires, certes, mais parfois outrancières?

    D. Robert.- Non, il n’y a aucune raison de les amender, sauf peut-être pour rappeler qu’ils ont été attaqués et quelle a été l’issue. Cela pourrait intéresser le lecteur… La Cour ne dit pas ce que vous formulez. Elle ne porte aucun jugement de cet ordre sur mon livre. Elle énonce des principes généraux et retient les notions «d’enquête sérieuse» et de «l’intérêt général d’un sujet traité». Par ce dernier point, elle rejoint la jurisprudence de la Cour Européenne des droits de l’Homme. En ce sens, les arrêts qui me sauvent aujourd’hui font avancer la jurisprudence. Plusieurs avocats m’ont appelé pour me remercier. Je suis très fier de participer à ouvrir un peu plus la fenêtre. Quant à mes livres, ils vont ressortir au plus vite. Je ne sais pas encore si on les sortira en un seul volume ou en deux. Il y a beaucoup de demandes. « Révélation$ » devenait collector sur ebay. Il se vendait à des prix exorbitants. J’en ai vu partir un à plus de 300 euros.

    BibliObs.- Avec dix ans de recul, si c’était à refaire, que referiez-vous différemment?

    D. Robert.- Je me rends compte aujourd’hui que c’était une guerre. Nous avons été naïfs. Eux pas. Mais je suis heureux de ce combat, même si nous n’avions pas imaginé les conséquences. Je dis nous, je pense à mon éditeur, Laurent Beccaria, à Pascal [Lorent] avec qui j’ai fait le film [« les Dissimulateurs », diffusé sur Canal+ en 2001], à mes copains de Contrechamp, la petite boîte de production de Saint Avold qui était de l’aventure au début, à mes témoins qui ont eu le courage de parler.

    C’est la bonne nouvelle de l’histoire: à trois ou quatre, avec un peu de jugeote, du travail et de la ténacité, nous avons déplacé une montagne. C’est la force du journalisme quel que soit le travail de coulisse, de communication, de dénigrement mis en place. Certains journalistes et hommes politiques en France et en Belgique nous ont défendu très tôt. Mais pas assez et beaucoup nous ont dénigrés sans nous lire. Je pensais que nos révélations suffiraient. Avec dix ans de recul, je travaillerai différemment la sortie du livre et du premier film, en étant plus explicatif, en prenant plus de temps. J’ai vieilli de dix ans. Je suis moins naïf. La crise financière a montré la pertinence de nos propos et la guerre n’est pas finie.

    Propos recueillis par Anne Crignon

    (source: bibliobs.nouvelobs.com)

  4. BobbyFR94 dit :

    Bonjour,

    Reportage très intéressant qui montre combien tous sont des ordures en haut lieu -- un jour proche, on va découvrir la vérité sur l’affaire Karachi, et j’espère que cela va faire tomber notre gouvernement d’enfoirés, les mêmes que le National-Socialisme, heu le P.S., voir la lettre de Christian Cotten, le détournement du remboursement par le Koweït pour la « Guerre du Golfe », l’opération « Tempête du désert », ou les quelques 5 milliards d’euros sont allés dans la poche du sieur président Mitterrand !!!

    J’ai visualisé le film « Les Dissimulateurs », mais il y a comme des sautes d’images par moment (regardez à partir de 26mn05, mais aussi à d’autres moments…)

    Voir aussi le livre de Sophie Coignard « Le rapport OMERTA 2002  » et vous comprendrez que notre système judiciaire est corrompu et complètement pourri !!

    La guerre civile, c’est pour bientôt, car il nous faut lutter contre cette élite de l’ombre complètement pourrie et son bras armé qu’est l’Islamisme, car le remplacement de population en France et en Europe est voulu, n’en déplaise à tous ceux qui ne voient rien, car ils ne vivent pas près ou dans une cité !!!

    Pour ceux qui doutent, lisez bien l’article suivant, qui démontre les tenants et les aboutissants, et essayez de contredire l’auteur : L’horrible vérité sur les nouveaux Hitler

  5.  
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