Crise systémique globale – Septembre-Octobre 2012 :

 
Quand les trompettes de Jericho sonneront 7 fois pour le monde d’avant la crise

- Communiqué public GEAB N°66 (18 juin 2012) -

Image "clownesque" du game-over systémique  à advenir !

Image « clownesque » du game-over systémique à advenir !

L’évolution des événements mondiaux se déroule conformément aux anticipations élaborées par LEAP/E2020 au cours des récents trimestres. L’Euroland est enfin sorti de sa torpeur politique et du court-termisme depuis l’élection de François Hollande (1) à la tête de la France et le peuple grec vient de confirmer sa volonté de résoudre ses problèmes au sein de l’Euroland (2) démentant ainsi tous les « pronostics » des médias anglo-saxons et des eurosceptiques. A partir de maintenant, l’Euroland (en fait l’UE moins le Royaume-Uni) va donc pouvoir aller de l’avant et se doter du véritable projet d’intégration politique, d’efficacité économique et de démocratisation sur la période 2012-2016 comme LEAP/E2020 l’a anticipé en Février dernier (GEAB N°62). C’est une nouvelle positive mais, pour les semestres à venir, cette « seconde Renaissance » du projet européen (3) constituera bien la seule bonne nouvelle au niveau mondial. 

Toutes les autres composantes de la situation globale sont en effet orientées dans un sens négatif, voire catastrophique. Là encore, les médias dominants commencent à se faire l’écho d’une situation anticipée de longue date par notre équipe pour l’été 2012. En effet, sous une forme ou une autre, plus souvent en pages intérieures qu’en grands titres (monopolisés depuis des mois par la Grèce et l’Euro (4)), on retrouve désormais les 13 thèmes suivants : 
 
  1. Récession globale (plus aucun moteur de croissance nulle part / fin du mythe de la « reprise US ») (5) 
  2. Insolvabilité croissante et partiellement reconnue comme telle désormais de l’ensemble du système bancaire et financier occidental 
  3. Fragilité croissante des actifs financiers clés comme les dettes souveraines, l’immobilier et les CDS à la base des bilans des grandes banques mondiales 
  4. Chute du commerce international (6) 
  5. Tensions géopolitiques (notamment au Moyen-Orient) approchant du point d’explosion régionale 
  6. Blocage géopolitique global durable à l’ONU 
  7. Effondrement rapide de tout le système occidental de retraites par capitalisation (7) 
  8. Fractures politiques croissantes au sein des puissances « monolithiques » mondiales (USA, Chine, Russie) 
  9. Absence de solutions « miracles », comme en 2008/2009, du fait de l’impuissance croissante de plusieurs grandes banques centrales occidentales (FED, BoE, BoJ) et de l’endettement des Etats 
  10. Crédibilité en chute libre pour tous les Etats devant assumer la double charge d’un endettement public et d’un endettement privé excessifs 
  11. Incapacité à maîtriser/ralentir la progression du chômage de masse et de longue durée 
  12. Echecs des politiques de stimulus monétaristes et financiers comme des politiques d’austérité « pure » 
  13. Inefficacité désormais quasi-systématique des enceintes internationales alternatives ou récentes, G20, G8, Rio+20, OMC, … sur tous les thèmes-clés de ce qui n’est plus en fait un agenda mondial (8) faute de consensus : économie, finance, environnement, résolution de conflits, lutte contre la pauvreté, …
 

Evolution des principaux indices (bourses + pétrole) en Mai 2012
Source: MarketWatch, 06/2012

Selon LEAP/E2020, et en conformité avec ses anticipations déjà anciennes, tout comme avec celles de Franck Biancheri dès 2010 dans son livre « Crise mondiale : En route pour le monde d’après », cette seconde moitié de 2012 va bien marquer un point d’inflexion majeur de la crise systémique globale et des réponses qui lui sont apportées. 

Il va être caractérisé par un phénomène en fait très simple à comprendre : si l’Euroland est aujourd’hui en mesure d’aborder cette période de façon prometteuse (9), c’est parce qu’elle a traversé ces dernières années une crise d’une intensité et d’une profondeur inégalée depuis le début du projet de construction européenne après la Seconde Guerre Mondiale (10). A partir de la fin de cet été 2012, ce sont toutes les autres puissances mondiales, Etats-Unis en tête (11), qui vont devoir affronter un processus identique. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, qu’elles seront ensuite, dans quelques années, en mesure d’entamer une lente remontée vers la lumière. 
 
Mais aujourd’hui, après avoir tenté par tous les moyens de retarder l’échéance, l’heure de la facture arrive. Et comme en toute chose, la capacité à retarder l’inévitable se paye au prix fort, à savoir l’accroissement du choc d’ajustement à la nouvelle réalité. Il s’agit en fait de la fin de partie pour le monde d’avant la crise. Les 7 sonneries de trompettes de Jéricho qui marqueront la période Septembre/Octobre 2012 vont faire s’écrouler les derniers pans du « Mur Dollar » et des murailles qui ont protégé le monde tel qu’on le connaît depuis 1945. 

Le choc de l’automne 2008 ressemblera à un petit orage estival en comparaison de ce qui va affecter la planète dans quelques mois. 

LEAP/E2020 n’a en effet jamais constaté la convergence temporelle d’une telle série de facteurs explosifs, et de facteurs aussi fondamentaux (économie, finance, géopolitique, …), depuis 2006, date du début de ses travaux sur la crise systémique globale. En toute logique, dans notre modeste tentative de publier régulièrement une « météo de la crise », nous nous devons donc d’adresser à nos lecteurs une « alerte rouge » car c’est bien à cette catégorie qu’appartient le phénomène qui se prépare à impacter le système mondial en Septembre/Octobre prochain. 

 

Evolution en % de la richesse nette médiane et moyenne des ménages américains (2001-2010)
(en vert foncé : médiane / en vert clair : moyenne)
Sources : US Federal Reserve, 06/2012

Dans ce GEAB N°66, nous développons nos anticipations pour sept facteurs clés dans ce choc de Septembre-Octobre 2012, les sept sonneries des trompettes de Jericho (12) marquant la fin du monde d’avant la crise. Il s’agit de quatre facteurs géopolitiques au Moyen-Orient et de trois composantes économiques et financières au cœur du choc à venir : 

  1. Iran/Israël/USA : La guerre de trop aura bien lieu 
  2. La bombe assyrienne : l’allumette israélo-américaine-iranienne dans la poudrière Syrie-Irak 
  3. Le chaos AfPak : l’armée US et l’OTAN, otages d’une sortie de conflit de plus en plus difficile 
  4. L’Automne arabe : les pays du Golfe emportés dans la tourmente. 
  5. Etats-Unis : « Taxmargeddon » commence dès l’été 2012 – L’économie US en chute libre à l’automne 
  6. La grande insolvabilité bancaire au rendez-vous de Septembre-Octobre 2012 : Bankia version City-Wall Street 
  7. L’insoutenable légèreté des QE de l’été 2012 – les banques centrales américaine, britannique et japonaise hors-jeu 

Par ailleurs, nous développons des recommandations précises sur la manière de minimiser l’impact du choc en préparation sur sa propre situation qu’on soit simple particulier ou décideur au sein d’entreprises ou d’institutions publiques. Nous présentons également le GlobalEurope Dollar Index du mois. 

Enfin, LEAP/E2020 annonce la reprise de ses formations à l’anticipation politique, à l’automne prochain, qui se feront dorénavant en ligne afin répondre aux demandes venues des quatre coins de la planète. Si GEAB est un « poisson », un produit fini d’anticipation, avec ces formations, nous espérons apprendre à un nombre croissant de gens à « pêcher » le sens dans les eaux troubles de l’avenir. Car si on souhaite que la fin de partie du monde d’avant la crise débouche sur la construction d’un monde meilleur d’après la crise, il nous paraît essentiel de développer les capacités d’anticipation du plus grand nombre. C’est en effet cette absence d’anticipation qui a en grande partie causé les errements à l’origine de la crise actuelle. 
Ces formations seront organisées en partenariat avec la fondation espagnole à but non lucratif FEFAP (Fondacion por l’Educacion e la Formacion a l’Anticipation Politica) créée récemment grâce à une donation de Franck Biancheri (13).

Notes :

(1) Désormais les débats, salutaires surtout s’ils sont francs et larges, se préoccupent de moyen long terme, de l’intégration politique et des nouvelles institutions nécessaires. D’ici la fin de l’été, l’évidence que la dimension Euroland est centrale s’imposera et permettra de contourner la difficulté des institutions à 27 qui sont aujourd’hui dans un tel état de délabrement et d’omniprésence britannique qu’il n’est pas possible à ce stade de leur confier une tâche importante pour mettre en place la gouvernance de l’Euroland. La problématique Hollande-Merkel tient en fait beaucoup plus à cette réalité qu’à une divergence « institutions communes» ou « approche intergouvernementale ». Les institutions de Bruxelles appartiennent elles aussi au monde d’avant la crise et sont inaptes à fonder l’Europe d’après la crise. Sources : Deutsche Welle, 11/06/2012 ;Spiegel, 06/05/2012 ; El Pais, 10/06/2012 ; La Tribune, 10/06/2012. 

(2) Qui en échange va rendre plus tolérable le difficile ajustement du pays après 30 années perdues au sein de l’UE, perdues car gaspillées sans aucune modernisation de l’Etat grec à la clé. Source : YahooNews, 18/06/2012. 
 
(3) MarketWatch du 14/06/2012 en est même à prédire à la Suisse une inévitable intégration dans l’Euroland … comme LEAP l’a fait il y a déjà quelques temps. 
 
(4) Stratégie de diversion oblige ! 
 
(5) Sources : Bloomberg, 15/06/2012 ; Albawaba, 12/06/2012 ; ChinaDaily, 05/06/2012 ; CNNMoney, 11/05/2012 ; Telegraph, 04/06/2012 ; MarketWatch, 05/04/2012. 
 
(6) Source : IrishTimes, 12/04/2012 ; , 08/06/2012. 
 
(7) Sources : WashingtonPost, 11/06/2012 ; Telegraph, 11/06/2012 ; TheAustralian, 15/06/2012 ; Spiegel, 06/05/2012 ; , 15/06/2012. 
 
(8) En deux ans, il y a bien eu une dislocation de l’agenda diplomatique mondial. 
 
(9) A ce sujet, LEAP/E2020 anticipe l’entrée des questions de défense au cœur du débat sur l’intégration politique. Tout comme l’Euro fut créé au sein d’un accord complexe impliquant un soutien français fort à l’unification allemande contre la mutualisation du Deutsche Mark, l’intégration politique qui se profile va impliquer la mutualisation de la « signature allemande » en échange d’une forme de mutualisation (au moins pour le noyau de l’Euroland) de la dissuasion nucléaire française. Les dirigeants français vont découvrir ainsi 3 choses : que la question de sécurité/défense préoccupe fortement leurs partenaires de l’Euroland contrairement aux apparences (du fait notamment de la perte de crédibilité rapide de la protection US), qu’il n’y a pas de raison qu’un débat complexe et difficile soit suscité par cette nouvelle phase d’intégration uniquement en Allemagne (la France aussi va devoir s’y mettre), et enfin que les opinions publiques ne sont pas contre ce type d’approche très concrète à la différence des traités juridiques incompréhensibles (comme en 2005). En matière de défense, on assiste déjà à une évolution majeure : la France se détourne sans le clamer haut et fort de tout partenariat significatif avec le Royaume-Uni pour se recentrer sur la coopération avec l’Allemagne et les pays du continent. Le fait que le Royaume-Uni promette toujours et ne tienne jamais ses engagements en matière de défense européenne (dernier en date : le développement commun de porte-avions est remis en cause par la décision britannique de ne pas adapter son porte-avion pour accueillir les appareils français) a été enfin analysé pour ce qu’il était, à savoir une tentative ininterrompue d’empêcher l’émergence d’une défense européenne. Et les réductions drastiques des capacités de défense britannique, pour raisons budgétaires, en ont fait un partenaire de moins en moins attractif. Sources : Monde Diplomatique, 15/05/2012 ;Telegraph, 06/06/2012 ; Le Point, 14/06/2012. 
 
(10) Choc amplifié dans la psychologie collective européenne et mondiale par l’incapacité des Européens durant cette période d’empêcher d’être instrumentalisés par la City et Wall Street en matière médiatique, afin d’une part de détourner l’attention de leurs propres difficultés, et d’autre part, d’essayer de « casser » cet Euroland en émergence qui bouscule l’ordre établi après 1945. 
 
(11) Pays qui a vu la richesse de ses habitants être réduite de 40% entre 2007 et 2010 selon l’étude récente réalisée par la Réserve fédérale US. Nous nous permettons de rappeler que lorsque nous indiquions en 2006, dès les premiers numéros du GEAB, que cette crise allait provoquer une baisse de 50% de la richesse des ménages américains, la plupart des « experts » estimaient cette anticipation comme totalement aberrante. Et il s’agit de 2010. Comme nous l’avons indiqué, ce sont encore au moins 20% de baisse qui attendent les ménages US. Ce rappel vise à souligner que l’une des plus grandes difficultés du travail d’anticipation, c’est l’immense inertie des opinions et l’absence d’imagination des experts. Chacune renforce l’autre pour laisser croire qu’aucun changement majeur négatif n’est au coin de la rue. Source : WashingtonPost, 11/06/2012 ; US Federal Reserve, 06/2012. 
 
(12) Pour en savoir plus sur le mythe des trompettes de Jericho : Wikipedia
 
(13) Il doit être l’un des très rares opérateurs à avoir fait entrer de l’argent dans le système bancaire espagnol ces dernières semaines. Preuve d’une convergence entre analyse et action.
 
12 commentaires pour “Quand les trompettes de Jericho sonneront 7 fois pour le monde d’avant la crise”
  1. InterObjectif dit :

    Qu’est-ce-que les trompettes de Jericho ?

    Cette expression est relative à un récit biblique selon lequel cette cité (prétendue imprenable) sera tombée aux mains d’envahisseurs car 7 prêtres aidés et poussés par la volonté divine auraient pendant 7 jours jouer des instruments qu’on a appelé trompette par commodité et c’est par ce procédé que les remparts se seraient fragilisés rendant la prise de la cité possible.

    Bref, cette « belle et palpitante » légende nous a laissé cette expression qui signifie que dans certaines situations, l’emploi de moyens totalement détournés peuvent s’avérer efficace, à condition d’y croire comme ces prêtres étaient poussées par leur foi…

    Pourquoi pas ? Tout est possible aujourd’hui…

  2. Rosemonde dit :

    Alléluia…

    Un monde s’écroule, un autre renaît.
    Claironnez, tambourinez, trompetez, faites du bruit, AIMEZ… tout va bien.
    All is well.
    Amour, Sagesse, Pouvoir.
    La vraie Richesse est celle du coeur, car c’est là que se niche les vrais pouvoirs et la vraie dimension des Humains.
    Notre Esprit est trop Pur pour se cantonner à croire aux fausses valeurs.
    Ressuscitons dans notre Véritable Moi, au delà des fausses Joies.
    Nous sommes Créateurs, nous les Dieux parmi les Dieux.
    Nous les Christs parmi les Christs.
    Ressuscitons et proclamons Joyeux le Grand Amour des Cieux sur la Terre comme en tous Lieux.

    ALLÉLUIA.
    No limit.

  3. Laurent Bonet dit :

    À tous problèmes il y a des solutions.

  4. OUI au PARADISME, une révolution tranquille, véritable, définitive, pour le confort de tous.
    Visitons : Paradism.org

  5. Obsidian dit :

    Bonjour,

    Ce rappel vise à souligner que l’une des plus grandes difficultés du travail d’anticipation, c’est l’immense inertie des opinions et l’absence d’imagination des experts

    Comment, nous, à notre échelle unitaire, pouvons-nous sortir de cette inertie d’opinion (et/ou d’actions) et comment stimuler cette absence d’imagination (sortir de cette inertie par manque de vision claire). Car de fait, ma carte mentale manque cruellement de repères et d’informations suffisantes ou claires, pour m’en faire une image interne, claire. C’est comme nous demander d’avancer, sans savoir où, ou sans nous dire le but à atteindre.

    J’ai l’impression que toute cette agitation, cette angoisse mise en avant, mais sans donner de matière claire à la population, ne sert qu’à les laisser dans la peur de l’inconnu et donc cela permet aux dirigeants de nous diriger comme des moutons.

    Comme un excès d’informations divergentes misent sur le net, va permettre de noyer la vérité.

    La vision des dirigeants ne sert pas la population. Leurs motifs n’ont rien à voir avec le bien-être de la population. Tout n’est que puissance, argent et pouvoir. Ils se servent de la force d’une population (travail, énergie,…) qu’ils mettent à leur service en leur faisant croire ce qu’ils veulent.

    Dans les faits, comment chacun de nous doit réagir (pour donner l’exemple), pour que par la suite nous agissions en masse pour stopper cette manière négative de diriger.

    Personnellement, j’ai lu quelques infos sur le sujet, mais je ne me sens pas avec une matière suffisante en mains, pour avoir une idée claire de la situation RÉELLE. Tellement de domaines se chevauchent, qu’il faut être passionné du sujet depuis des années et suivrent les fils de la toile, pour pouvoir se les représenter.

    Et puis il faut quelqu’un qui ai la vision globale, l’idée fulgurante, ou la perception soudaine de la solution, … Car la solution, la plus juste qui soit, existe. Reste à l’acceuillir, à la percevoir.

    Au plaisir d’échanger nos idées et perceptions, pour le plus grand bien de tous ceux concernés.

  6. InterObjectif dit :

     
    Résistance & autodestruction

    2 juillet 2012 – Il était tentant d’écrire comme titre, parce que la formule vient naturellement sous la plume, comme une sorte de recette vitale si l’on veut : “Résistance à l’autodestruction”. Ce n’est pas le cas. Nous voulons, avec ce titre, séparer deux phénomènes, – la « résistance » d’un côté, l’ « autodestruction » de l’autre ; nous voulons montrer que les deux phénomènes se trouvent confrontés dans certains évènements très précis et sensationnels, et que pourtant ils se trouvent liés (on n’ose écrire « complices » mais c’est techniquement le cas) par des rapports objectifs d’interférences souvent inconscientes, « mécanique » dirions-nous, que les rapports de cause à effet entre eux sont extraordinairement faussés sinon invertis, sinon déstructurés en certains aspects positifs et d’autres négatifs, – et qu’il faut démêler et distinguer tout cela… Bref, la chose n’est pas évidente, même si elle n’est pas nécessairement compliquée. C’est à tenter de l’éclairer que nous allons consacrer ce texte, qui poursuit en l’élargissant le commentaire en Bloc Notes, du 28 juin 2012.

    D’abord, il faut proposer deux définitions, concernant les deux termes proposés dans le titre. Ces définitions supposent que nous avons choisi « un camp », et cela ne fait aucun doute dans notre esprit, et cela ne fera guère de doute pour nos lecteurs, d’ailleurs instruits par la lecture quotidienne de notre site ; pour plus de précision utiles pour notre propos, disons que nous choisissons le « camp » qui n’en est pas un, qui n’a pas besoin de carte de membre, de doctrine, de serment, qui ne se définit que par ce quoi il est contre, qui prétend, en résistant, œuvrer pour la sauvegarde du monde de quelque façon que ce soit, qui est le camp que nous avons déjà qualifié : « antiSystème » (avec la majuscule à sa place et un caractère grammatical invariable puisqu’il n’y a qu’un Système). La résistance prétend affronter une force aveugle et mécanique de déstructuration, une force non-humaine de dissolution et d’entropisation du monde ; une force que nous identifions de façon concrète et explicitée avec le « déchaînement de la Matière », qui peut être désignée selon nous, et selon une référence métaphysique sans aucune réticence, comme la représentation et l’expression du Mal. Les définitions se font, pour notre compte et sous notre responsabilité, dans ce contexte.

    • Qu’est-ce que la « résistance » ? Tout fait s’opposant au Système, tout acte, toute dynamique, toute pensée explicitée, tout commentaire antiSystème, méritent le terme de « résistance » durant le temps où ils s’expriment et se développent de façon à ce que nous puissions, nous, les identifier comme tels, comme posant un fait de résistance au Système. Les exemples sont connus, et substantivés par nous sous l’expression de « système(s) antiSystème ». Ron Paul, les « indignés » et Occupy Wall Street, le sénateur John McCain quand il s’oppose au F-35, Marine Le Pen et Mélenchon durant le premier tour de la campagne présidentielle française, Poutine dénonçant l’ « agression douce » et en appelant à la spiritualité, Kadhafi et Assad s’opposant aux attaques du bloc BAO, al Qaïda dans certaines de ses activités… – voilà autant de « systèmes antiSystème », – et pas mal, sinon presqu’autant de contradictions et d’antagonismes que de systèmes antiSystème. (Rappelez-vous les insultes Marine-Mélenchon, l’attaque du bloc BAO contre Kadhafi et Assad revigorant al Qaïda contre Kadhafi et Assad puis, bientôt, contre le Système, McCain habituellement et couramment abruti belliciste complètement bouffé par le Système en général, etc.)

    • Qu’est-ce que le phénomène d’ « autodestruction » ? Un phénomène inhérent au Système, donc à une entité (par définition non-humaine), qui produit une dynamique de déstructuration dont l’effet attendu est successivement et effectivement la déstructuration, la dissolution et l’entropisation du monde. Cette dynamique de déstructuration et la suite sont opérationnellement une dynamique de surpuissance, selon un terme (« surpuissance ») indiquant que la puissance dispensée est supérieure à tout ce qui peut lui être humainement opposé. Mais nous disons également que cette dynamique de surpuissance engendre une dynamique d’autodestruction, selon un processus physique logique, – qui peut, qui doit être impérativement apprécié également d’un point de vue métaphysique pour être bien compris. Du point de vue physique, en effet : pour rendre opérationnelle sa surpuissance, le Système se structure lui-même, mais comme sa dynamique de surpuissance est essentiellement déstructurante, il se détruit lui-même ; la dynamique de surpuissance nourrit la dynamique d’autodestruction, selon un processus nécessairement en accélération constante, jusqu’à la Chute. (On peut ajouter, pour la précision, que le processus dans cette phase finale accélère en se simplifiant : en créant des structures pour opérationnaliser sa surpuissance, le Système crée souvent, et de plus en plus souvent à mesure de sa dégradation, des structures qui, selon les circonstances, se retournent directement contre lui et deviennent directement antiSystème, ajoutant encore par cette accélération à son déchaînement autodestructeur de surpuissance déstructurante.) L’essentiel est dans le caractère non-humain du Système, qui est la représentation de notre contre-civilisation arrivée à son terme du « “déchaînement de la Matière”, […] représentation et […] expression du Mal ». Nous justifions cette situation par la conception, que nous explicitions le 10 septembre 2010, notamment en nous référant au philosophe Plotin, selon laquelle l’homme lui-même n’est pas substantiellement mauvais, mais qu’il n’est mauvais que par proximité du Mal rendue possible par ses multiples faiblesses.

    La « résistance » s’effectue dans tous les cas, selon des attitudes de défense vitale, des positions de contradiction, des réactions de survie, des réflexe psychologique suscités par l’insupportable, etc. Elle existe le plus souvent d’une façon inconsciente, par référence antagoniste à des effets de la dynamique-Système devenus effectivement insupportables et contre lesquels on se rebelle, on se révolte, contre lesquels on résiste. Mais il est bien entendu intéressant de chercher à déterminer ce qu’on pourrait désigner comme une sorte de « géographie psychologique » de la résistance, pour comprendre l’extraordinaire volatilité et l’extraordinaire variabilité des points, des dynamiques, des situations, des actions de résistance. La contradiction apparente, l’ambiguïté générale règnent absolument… (C’est là que le concept de l’inconnaissance est précieux, sinon indispensable : il ne sert à rien, sinon à se perdre dans des dédales inextricables conduisant le plus souvent à retomber sous l’empire du Système, d’essayer de comprendre toutes les arcanes des actes et des situations humaines. Une seule chose importe : distinguer à cet instant et dans cette situation, à chaque instant et dans chaque situation, ce qui est objectivement antiSystème ; peu importe d’où viennent les choses et où elles vont.)

    L’intérêt de la résistance est moins de détruire, ou d’espérer détruire le Système, que de contribuer à l’accélération et au renforcement de son autodestruction. Pour cela, par exemple, plus on oppose de résistance au Système, plus on pousse le Système à créer des structures pour opérationnaliser sa surpuissance, plus on active sa dynamique d’autodestruction qui est le fait irrésistible chez lui de la déstructuration. Nombre de ces phénomènes sont invisibles, indiscernables, anonymes, automatiques, dissimulés, etc. ; d’autres sont plus visibles et semblent appartenir à la logique politique habituelle s’ils sont sortis du rapport de cause à effet, alors qu’ils entrent effectivement, selon ce rapport, dans le grand affrontement autour du Système… Lorsque le Directeur général du MI5 craint l’action de nouvelles structures d’al Qaïda lors des Jeux Olympiques, notamment des structures nées lors de et grâce à l’attaque du bloc BAO des régime Kadhafi et Assad, il est lancé dans un processus de destruction de ce qu’il a lui-même créé (« lui-même » comme créature du Système à cet instant, donc le Système), – et il faut apprécier cela, au-delà de la circonstance politique, comme une manifestation du pur processus d’autodestruction du Système.

    L’opérationnalité de la résistance antiSystème se concentre naturellement dans l’application du principe fameux, et lui-même naturel, de l’art martial japonais aïkido : « retourner la force de l’ennemi contre lui… », – et même, plus encore pour notre cas, « aider la force de cet ennemi à se retourner naturellement contre lui-même », parce qu’il est entendu, selon le principe d’autodestruction, qu’il s’agit d’un mouvement « naturel ».

    Il résulte de tout cela que la posture de « résistance » est évidemment naturelle, qu’elle n’a pas vraiment besoin de s’organiser, de s’armer, de s’endoctriner, etc., sinon par les processus naturels de l’opérationnalité de la chose en général animés par le Système lui-même (c’est le MI5 ou son compère le MI6, dans ce cas l’un et l’autre au service du Système, qui arme les anti-Kadhafi, lesquels vont devenir en partie structures d’al Qaïda, etc.). La « résistance », pour notre fait, selon notre point de vue, selon la position que nous avons choisie d’occuper, est d’abord et essentiellement psychologique : avoir connaissance sélectivement de tout cela, en prendre conscience, renforcer soi-même sa propre psychologie antiSystème, tout cela éventuellement pour les autres également, pour qui s’en saisit, par le système de la communication. (Ici, on raffine le concept d’inconnaissance qui n’est pas refuser toute connaissance, de ne rien connaître mais de se tenir hors des rets du Système, c’est-à-dire de distinguer [de connaître] l’essentiel qui sera nécessairement antiSystème et de refuser de connaître l’accessoire qui est un piège entraînant dans le labyrinthe-Système.) Il s’agit de se préparer psychologiquement à cette terra incognita par définition et par nécessité absolues qu’est l’après-Système, dont la chute clôt un cycle métahistorique.

    Le « printemps arabe » au soleil de la métahistoire

    L’on comprend bien, comme on l’a déjà signalé, que cette réflexion enchaîne sur celle de notre Bloc-Notes du 28 juin 2012 et la prolonge nécessairement. (Ainsi, bien entendu, que diverses autres réflexions dans ce sens, très nombreuses sur ce site.) Pour mieux mesurer l’importance et la nécessité de cette réflexion, on développe deux causes conjoncturelles fondamentales qui modifient complètement le cadre historique où elle évolue, et transforment à mesure, en les haussant, les concepts qui sont définis (« résistance » et « autodestruction »). C’est à ce point, avec l’exposé de ces deux causes conjoncturelles, que nous voulons renforcer l’argument fondamental qui nous impose de ne plus considérer qu’un seul objectif, qui est la destruction du Système par tous les moyens possibles… Aux considérations tactiques ci-dessus succède la considération stratégique qui impose la « résistance », c’est-à-dire le moteur historique qui devient métahistorique en présence du Système, lequel doit alors être nécessairement conçu comme non-humain ou extra-humain… La question venue à l’esprit étant alors : en plus des sapiens, habitués à ce rôle métahistorique, le Système lui-même est-il « maistrien » ? Et l’on sait que poser la question, bien entendu, c’est y répondre…

    • L’extraordinaire accélération du temps historique de ces dernières années, depuis 2001 et, surtout, depuis 2008, est la première cause conjoncturelle fondamentale. Il s’agit d’une accélération, non pas tant dans le fait même d’évènements développés qui le seraient de plus en plus vite, mais à l’occasion d’événements qui aussi bien ont lieu très rapidement (l’attaque de la Libye par le bloc BAO), aussi bien n’ont pas lieu et semblent traîner sans fin (l’attaque-surprise contre l’Iran débattue depuis 2005), et qui sont tous issus de la poussée surpuissante du Système… L’accélération du temps historique se situe d’abord dans la communication, avec ses effets directs et indirects, et formidables, sur la psychologie par la perception, par une accumulation de « nouvelles », d’ « actions déclamatoires », d’agitations formidables enfermées dans des impasses qui ne cessent de se verrouiller sous la poussée surpuissante du Système. L’accélération est dans ce cas de type tourbillonnaire, sans intérêt pour le sens, sans attention pour les effets. Le « printemps arabe », qui est lui-même un facteur d’accélération (c’est pourquoi nous parlons, à son propos, de « chaîne crisique ») a introduit un élément important et séduisant, on dirait presque exotique par la multiplicité des narrative qu’il permet, – une sorte de Conte des Mille et Une Nuits à tiroirs multiples : pétrole, désordre créateur, laïcs contre religieux, vieilles monarchies pourries flottant sur des dunes de dollars baignées d’un océan de corruption, développements mafieux et ainsi de suite. Avec le « printemps arabe », l’ultime narrative historique est atteinte ; des évènements réels qui ne créent rien de stable mais accélèrent le mouvement, complètent le rôle fondamental de la communication et substantivent le tourbillon au son hollywoodien de la « démocratisation-droitdel’hommiste » ; c’est dire si l’on frétille au Guardian, chez Hillary et dans la superbe propriété marocaine de BHL. Voilà le tourbillon qui tourbillonne à propos de quelque chose, en défaisant des structures, donc en déstructurant sous les applaudissements généraux et généreux des salons, sans qu’il soit noté que cette déstructuration se fait aux dépens de structures (régimes Ben Ali, Moubarak, etc.) d’ores et déjà établies par le Système, ou entrées dans le fonctionnement du Système.… L’accélération ne cesse de se substantiver mais elle ne donne aucun effet substantiel qui pourrait prétendre même à présenter une situation nouvelle porteuse d’espoir de re-stabilisation, elle reste basée sur la communication et influe essentiellement sur les psychologies. La formidable accélération du temps historique, avant de créer des situations nouvelles, si elle en crée, – cela, c’est pour plus tard, pour après, – touche la perception et persuade les psychologies de cette accélération. Nous sommes tous (dans le Système ou comme antiSystème, ou les deux à la fois) à attendre, en l’espérant ou en la craignant, la « prochaine dernière » ou la « prochaine ultime », – la prochaine crise, la prochaine guerre, la Grande Révolution Démocratique, la Grande Guerre, la Crise Finale, la Chute et ainsi de suite… Cette unification de l’attente psychologique est un phénomène remarquable, gage de l’accélération du temps historique. Nous attendons tous le Grand Evénement et ne cessons de presser le temps historique d’accélérer pour l’atteindre, alors que le temps historique ne produit plus rien sinon une sorte de « désordre paralysé et emprisonné ».

    • Ainsi se concrétise de plus en plus rapidement et en un verrou qui ne peut plus avoir qu’une explication et une clef transcendantales, un blocage déjà largement anticipé par de nombreux penseurs, historiens, philosophes, etc. Une civilisation d’une telle surpuissance (nous la nommons « contre-civilisation » et elle est également baptisée Système, – on ne prête qu’aux riches et aux puissants) interdit toute alternative par succession ; aucune alternative d’une autre civilisation, aucune renaissance par une nouvelle civilisation n’est possible. (Ne parlons pas, bien entendu, de « révolution » ou de « réforme », termes absolument dérisoires dans un tel déchaînement.) L’on sait pourtant que cette civilisation-là, la nôtre, la contre-civilisation, est absolument épuisée, vidée, absolument sclérosée et paralysée, à bout de sens exactement comme l’on dit « à bout de souffle » ; et, pour cette raison, devenue civilisation inéluctablement catastrophique puisqu’insensée et sans successeur possible, – et, d’abord, psychologiquement catastrophique, comme annonce et accélérateur de la catastrophe.

    (On trouve, par exemple, cette idée chez Arnold Toynbee, – voir notre article sur « la civilisation-imposture » du 15 juillet 2002. Historien des civilisations, Toynbee observait une succession cyclique des civilisations [il en décompte 19], chacune d’entre elles « permettant », à cause d’une circonstance historique ou l’autre, à la suivante de la remplacer, c’est-à-dire de la relayer, de poursuivre la chaîne ; mais la chaîne est en train de se rompre, observait Toynbee à la fin des années 1940… Il développa sur la fin de sa vie, – avec une prudence due sans doute à des raisons politiques sans grandeur, – l’argument que l’absence de sens de notre civilisation la rendait extrêmement vulnérable sinon promise à l’effondrement [autodestruction], alors que sa puissance technologique, sa surpuissance matérielle sans égale, interdisaient l’intervention de toute autre civilisation, donc tout espoir de succession et de régénération par une autre civilisation.)

    • Ce blocage est verrouillé par la surpuissance du Système qui, à ce niveau historique général, se révèle ainsi également autodestructeur. Pour préciser la chose, on observera que le caractère déstructurant du Système que nous décrivons n’est pas le phénomène habituel des civilisations décadentes, se déstructurant passivement ou bien aidées en cela par la civilisation qui se pose en successeur. (Selon cette approche explicative classique, nous partageons sans restriction l’avis de Guglielmo Ferrero sur l’action déstructurante et dissolvante du Christianisme sur l’Empire romain ; dans sa Nouvelle histoire romaine [Hachette, 1936], Ferrero écrit : « … En effet, la nouvelle religion était pour l’empire une force dissolvante, car elle prêchait que le chrétien doit fuir les charges publiques, les honneurs, les fonctions qui mettaient sa foi en danger. Le Christianisme détruisait l’empire par l’abstention.») D’une façon complètement différente, le Système théorise et opérationnalise absolument la déstructuration, qui est nécessairement sa propre déstructuration au bout du compte puisqu’il est dominateur et comptable de tout, dans sa globalisation absolue, et sa propre déstructuration organisée par lui-même, si besoin en structurant lui-même.

    (La théorie du « chaos créateur », dénoncée avec une véhémence qu’on croirait presque fascinée et admirative par les adversaires du Système, est un exemple impeccable de la chose. Les neocons maniaco-dépressifs ont fait leur travail d’ « idiots parfaitement utiles » et parfaitement autodestructeurs du Système, en appliquant la recette, en Irak notamment, où le résultat net, comptable, de la guerre, fut, selon l’économiste Joseph Stiglitz d’arriver à des dépenses dépassant $3.000 milliards et inversant complètement la recette-Système du renforcement économique par la guerre. Cette aventure compte pour beaucoup dans le déclenchement de la crise de l’automne 2008, et dans son caractère catastrophique. C’est ce qu’on appelle une déstructuration active, une autodestruction impressionnante d’efficacité. Cela, c’est sans précédent dans la psychologie de la chose, et bien sûr dans l’histoire des civilisations, puisque la guerre en Irak fut entreprise et acclamée comme la marque du triomphe de « l’Empire » [du Système] au faîte de sa puissance et nullement perçue comme un signe de sa décadence accélérée jusqu’à l’effondrement par autodestruction.)

    • … Il en résulte pour ce point que l’histoire des civilisations telle que l’identifia Toynbee est bloquée, la chaîne est brisée. C’est la fameuse « fin de l’histoire » de Fukuyama, – prophète par inadvertance puisque sa prophétie annonce le contraire de ce qu’il dit, – par étouffement du seul acteur historique restant et du seul acteur historique possible dans les conditions historiques qu’il impose de toute sa surpuissance… Mais cet « acteur historique » unique (le Système) est un faussaire, car l’on sait bien qu’il est « extra-humain », une entité échappant à l’histoire humaine. Le Système a triché et il a lui-même bâti sa propre impasse, il a tué l’histoire qu’il possédait et maîtrisait absolument, – surpuissance mais autodestruction…

    • La seconde « cause conjoncturelle fondamentale » transformant « à mesure », en les haussant, les concepts qui sont définis ci-dessus (« résistance », « autodestruction »), est donc une extraordinaire contraction de l’histoire, se transmutant en une Histoire fondamentale, ou métahistoire… L’accélération du temps historique dans l’impasse imposée par le Système fait tomber les masques en mettant en évidence l’impuissance de l’histoire à trancher le nœud gordien que constitue l’équation surpuissance-autodestruction du Système. Il est impossible de sortir de cette impasse autrement que par le haut puisque le reste n’est que néant et « désordre paralysé et prisonnier ». Le Système s’est découvert, les masques sont tombés… Les anciennes lignes de fractures, les affrontements qui pouvaient faire croire à un cheminement historique normal (Europe contre USA, « lutte contre l’impérialisme US », etc.), sont marginalisées à une vitesse extrême et basculent aussi vite dans le domaine de l’inconnaissance ; il ne reste que le Système en lui-même, « le Système nu » comme on dit « le roi est nu ». L’histoire ainsi réduite au néant et au « désordre paralysé et prisonnier », le Système identifié comme une entité échappant aux normes humaines, il ne fait plus le moindre doute que nous quittons l’histoire en lambeaux pour passer dans le domaine de la métaphysique de l’histoire, de la métahistoire, de l’Histoire majusculée pour faire bref… Ce basculement vers le haut nous conforte dans l’appréciation du Système comme entité non-humaine, puisque le Système reste toujours présent, comme adversaire unique et absolu, lui-même expulsé de l’histoire humaine après l’avoir saccagée comme un idiot capricieux et surpuissant fait d’une de ses possessions qu’il traite comme un jouet. En même temps, cette opération nous oblige à tout réviser de nos conceptions et de nos perceptions, politiques, idéologiques, religieuses, etc., avec le seul acte possible de lutter contre le Système (la « résistance ») puisque cet acte est directement lié au Système (seul moyen de « la résistance », aider la force d’autodestruction du Système selon l’acte fondamental de l’aïkido), – et le Système devenu lui-même et à visage découvert, métahistorique et métaphysique. Puisque nous évoluons dans la métahistoire, tous les acteurs (toutes les forces) inclus sont eux-mêmes métahistoriques, et, principalement pour ce qui nous occupe, tout ce qui est antiSystème et systèmes antiSystème.

    … Et tout cela, modestement, nous ramène à une posture opérationnelle recherchant le choix systématique de toutes les situations antiSystème, pour faire aïkido, – mais par le haut, certes, par la porte lumineuse de la métahistoire… Ainsi, se dit sapiensalias « système antiSystème », me voilà, à l’instar de monsieur Jourdain, faisant de la métaphysique sans le savoir.

    Philippe Grasset, le 2 juillet 2012.

    (source : Dedefensa.org) 

  7. Hédi Doukhar dit :

     
    L’OCCIDENT EN TANT QUE ”DÉCHAÎNEMENT DE LA MATIÈRE” !

    Car on ne peut voir le monde sans se voir soi-même et on se voit soi-même comme on voit le monde ; il faut pour cela un assez grand courage.
    […]
    L’image du monde peut changer à tout moment, de même que peut aussi changer l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes. Chaque nouvelle découverte, chaque nouvelle idée peuvent donner au monde un visage nouveau.

    (Carl Gustav Jung)

    Parmi les vigiles infatigables de l’actualité qui maintiennent sur la toile une information alternative aux médias officiels, l’historien Philippe Grasset occupe une place à part : celle d’un analyste exigeant qui scrute, depuis le site de defensaun objet bien particulier qu’il appelle le bloc B.A.O (Bloc américaniste-occidental). Ce Bloc a un corps bien vivant, une psychologie, et donc un caractère, développe une eschatologie qui déploie une vision métaphysique du monde issue de cet être si particulier, le Bloc, et s’exprime à travers le rituel des media qui font inlassablement sa publicité et par les élites politiques qui le servent.

    Ce bloc, Philippe Grasset le qualifie de Système, devenu anti-Système, ou de civilisation, devenue contre-civilisation, soulignant ainsi le passage de ce Système d’un état relativement structuré vers un état en cours de destructuration ; et d’une croissance techno-scientifique devenue folle vers l’entropie inévitable.
    Le Système est le produit de ce que M. Grasset nomme le déchaînement de la matière, et il remonte à la naissance, entre 1776 et 1825, de la révolution américaine, laquelle a été aussi « la révolution du choix de la thermodynamique comme moteur du progrès industriel et technologique »*. Soit dit en passant, le directeur du site a fait de l’étude de la société états-unienne, et de sa machine techno-militaire, son sujet de prédilection. L’un des intérêts principaux de de defensa consiste d’ailleurs à scruter l’actualité par le biais d’ un accès direct aux sources d’expression anglaise.

    Pour se représenter ce que cette notion de déchaînement de la matière développe comme idée extrêmement féconde (au contraire du concept de « matérialisme » aux connotations idéologiques et philosophiques marquées), il faut imaginer le Système comme une machine aux dimension incommensurables, mue par la thermodynamique et son besoin dévorant d’énergies, composée d’innombrables usines en production aux quatre coins du monde -- gérées en réalité par des multinationales -- et dont les produits inondent la terre entière par tous les moyens de transport possibles ; le tout emploie des milliards de salariés, consommateurs de ces produits, qui alimentent les banques et les assurances. Des rangs des travailleurs de tous les secteurs de production viennent aussi des malades et des blessés, des soldats et des policiers, qui fournissent du travail aux hôpitaux et aux industries pharmaceutiques devenus à leur tour des usines à profits. Cette machine monstrueuse en est arrivée au point prédit par Yvan Illich depuis les années soixante ; celui où, pour le plus grand nombre, tout bascule vers son contraire : le positif en négatif. Le système de santé produit des malades, celui de l’éducation, des ignorants, celui de la communication davantage d’isolement ; la sécurité, l’insécurité ; la paix, la guerre, etc…


    L’Ouroboros, le serpent ou le dragon, qui se mord la queue, symbolise depuis la Très haute Antiquité la loi des contraires

    Pour affiner plus encore l’image, il faut concevoir cette machine faite du déchaînement de la matière, comme un corps dont presque toutes les activités mécaniques et dynamiques, à tous les niveaux et dans tous les domaines, sont les cellules et dont le travail humain est le sang. Cette machine a atteint une telle puissance qu’elle s’est imposée à tous comme une espèce de fatalité devant laquelle on ne peut que se soumettre, et qu’il est impossible d’arrêter car elle contrôle tous ceux qui la servent et qui dépendent d’elle pour vivre, depuis le plus humble ouvrier jusqu’au plus gros banquier, en passant par le chef d’État du pays le plus puissant et le directeur du medium qui a la plus grande audience. Tous sont ses esclaves, et même s’il leur arrive de réaliser qu’ils sont au service d’un corps devenu monstrueux et dont la voracité irrépressible menace même l’espèce humaine, voire la vie sur terre et dans tout l’univers connu, ils ne peuvent qu’être terrorisés à cette pensée. Ils la refouleront avec effroi, sans pouvoir l’exclure de leur inconscient. Ce qui ne manque pas d’avoir des retombées psychiques.

    L’HYPOTHÈSE PSYCHOLOGIQUE

    Si, comme chacun peut le constater, cette machine fait vivre immanquablement dans la proximité du Mal, par les ravages qu’elle occasionne à tous les niveaux de la vie, c’est parce qu’elle est devenue, pour Philippe Grasset, l’incarnation du Mal issu du déchaînement de la matière. Cette donnée nouvelle du travail du Mal dans l’Histoire confère à celle-ci une dimension métaphysique : celle d’une fatalité du Mal impossible à dissocier de cette machine qui nous enserre et nous serre de près, nous déstabilise, dérégule et nous fait perdre tous nos repères. On pense à La peste d’Albert Camus, et l’on imagine les gens comme Philippe Grasset dans le rôle du docteur Rieux qui continue à soigner, à faire ce qu’il sait faire, ce pour quoi il est fait, en dépit de l’issue qu’il sait fatale.

    Ce Mal refoulé dans l’inconscient, vécu intérieurement comme une malédiction systémique contre laquelle on ne peut rien, débouche sur une psychologie que l’animateur de de defensa décrit comme une psychologie maniaco-dépressive, comme une psychologie terrorisée et hallucinée qui s’extériorise notamment à travers un comportement dominé par l’hystérie. Elle se donne à voir à travers un sous-système du Systèmele système politico-médiatique, par la pratique des narratives qui reconstruisent la réalité à travers des fables séduisantes bâties sur un déni de la réalité et sur les mensonges qui vont inévitablement avec ; « de refus de preuves et d’évidences contraires » on est conduit à « une constante aggravation des événements qu’on veut résoudre »« L’effroyable labyrinthe de mensonges non perçus comme tels, ce déséquilibre entre l’affirmation de la réalité faussaire et la vérité des situations, crée une violence sans précédent ».

    Une telle psychologie qui prétend être « morale » (1), ne peut être perçue que par les consciences qui ont réussi à se dégager de son emprise. Celles qui y demeurent plongées, qui n’arrivent pas à s’en détacher, et qui sont donc aliénées, partagent avec le sous-système représenté par la machine politico-médiatique, la même psychologie maniaco-dépressiveterrorisée et hystérique. L’opinion est transformée en mouton de Panurge.

    C’est ainsi que l’approche de Philippe Grasset commence à montrer son utilité : elle aide à discerner notamment les raisons pour lesquelles des gens occupant de très hautes responsabilités, apparemment en pleine possession de leurs moyens, mentent au grand jour et parviennent à convaincre, en persistant dans le mensonge, des gens « bien », des hommes politiques et des journalistes, des médecins, des avocats, des professeurs, des militants associatifs… Même quand le mensonge est démenti par les faits, on continue comme si de rien n’était -- les cas sont nombreux de l’ex-Yougouslavie à l’Irak (les armes de destructions massives introuvables) en passant par la Libye (le massacre non prouvé de 6000 libyens par Kadhafi et ses militaires « violeurs » dopés au viagra dont on n’a pas trouvé une seule victime), mais aussi concernant la campagne injustifiée de vaccination contre la grippe aviaire, avec la complicité de l’OMS, etc…
    C’est cela l’attitude hallucinée qui rend le mensonge aussi nécessaire qu’une drogue !

    Si un tel comportement est possible -- l’ex-président Sarkozy prétendant publiquement que les Afghans coupent les doigts des petites filles qui utilisent du vernis à ongles ; l’ONU accusant à chaud le régime syrien d’un horrible massacre à Houla avant toute enquête, Hillary Clinton accusant sans preuves la Russie de fournir des hélicoptères d’attaque à la Syrie contre l’avis même du renseignement militaire du Pentagone ; Laurent Fabius accusant l’armée syrienne d’utiliser les enfants comme « boucliers humains », le chef du gouvernement britannique, David Cameron, mentant sur ce que Poutine lui aurait confié, ainsi qu’à Obama, à propos du sort de Bachar al-Assad lors du dernier G.20. etc… -- La classe politique (toutes tendances confondues), les institutions internationales et les média de ce qu’on appelle indûment « la communauté internationale » et qui représentent en fait le fameux bloc BAO, développent bien la même pathologie. Ils sont atteints par ce Mal qu’ils servent, le déchaînement de la matière, qui les « réduit à l’état de robots et de clones ».

    Un nouvel élément intéressant de cette grille de lecture de Philippe Grasset apparaît en imaginant avec lui que, inconsciemment, les serviteurs de ce Système, de cette Contre-civilisation, ressentent la nécessité de détruire ce qu’ils servent, qui les a si totalement asservis, et qui ne peut être maintenu sans déboucher sur un désastre. Ne pouvant s’opposer à lui, la seule solution viendrait des tréfonds de l’inconscient, et consisterait à accélérer l’auto-destruction du Système en hâtant sa course démente.

    Une telle logique d’auto-destruction du Système produirait des esprits terrorisés par l’étendue du Mal dont ils sont les serviteurs obligés. La terreur que leur inspire inconsciemment le Système les pousse à répandre autour d’eux cette terreur, à terroriser les masses pour leur ouvrir les yeux sur les graves dangers qu’elles courent, qui ne sont pas liés au terrorisme, mais au Système lui-même qui les produit fatalement et nécessairement, comme par exemple, après l’effondrement de l’URSS, le besoin de créer un ennemi de rechange : le terrorisme islamiste ! Ce faisant, les serviteurs du Système contribuent inconsciemment à accélérer sa destruction en multipliant les crises qui, restant sans solution, finissent par constituer une chaîne crisique dont tous les maillons sont solidaires : guerres sans fin, terrorisme spasmodique, crises financières à rebondissements, crise économique sans fond, crise sécuritaire, tension sur plusieurs fronts : Iran, Venezuela, Syrie, Russie, Chine ; crise du système démocratique (mis en échec en Europe par l’appareil bureaucratique ; aux Etats-Unis et au Canada par des lois anticonstitutionnelles). Objectivement, cette chaîne crisique pourrait s’interpréter comme un interminable S.O.S. : faites quelque chose, sortez-nous de là, sinon ce chapelet de crises va conduire à des crises hautes, susceptibles de déboucher sur une conflagration dont personne n’ose imaginer les répercussions.


    Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse, Musée du Louvre

    Tout ce qui précède projette un éclairage nouveau sur le comportement du bloc BAO.

    L’hypothèse d’une logique d’autodestruction du Système peut expliquer le comportement irrationnel et contreproductif de l’autoproclamée « communauté internationale ». Son recours aux sanctions, quand elle ne peut pas faire la guerre, conduit à des résultats contraires. Au lieu d’affaiblir la cible, il contribue à la rendre plus forte. C’est le cas de Cuba, sous embargo depuis un demi-siècle, et qui n’a jamais été aussi forte. C’est au point que toute l’Amérique Latine, en tout cas les États qui comptent, ont pris fait et cause pour l’île assiégée et ont décidé d’exclure… les USA (2) ! Les sanctions contre l’Iran ont accéléré son développement scientifique et technologique et l’ont poussé à développer ses liens économiques avec la Chine, la Russie et l’Inde, c’est-à-dire avec les puissances de l’avenir, rendant par là impossible toute guerre contre ce pays ! La pratique de « gel des avoirs » fait fuir les capitaux des banques occidentales (le Venezuela a rapatrié tout son or, notamment de la Banque d’Angleterre) et toutes les puissances qui le peuvent, y compris le Japon, tentent de limiter l’usage du dollar dans le commerce international, en réponse aux sanctions contre l’Iran.
    Quand la guerre et les sanctions échouent, le bloc BAO passe à la guerre de la communication à coups, là encore, de mensonges et de fabrication de fausses réalités, ou de réalités virtuelles. Mais même ce procédé commence à se retourner contre lui, comme on le voit après les évènements de Libye et ceux qui se déroulent en Syrie ; quand les cris d’orfraie des « humanitaires » n’arrivent plus à masquer le chaos libyen, la purification ethnique en cours où l’on mène impitoyablement la chasse aux Noirs, la dégradation de la situation dans tout le Sahel africain, pendant que les drones d’Obama tuent tous les jours des innocents au Pakistan et au Yémen, et qu’à Guantanamo on torture toujours !
    Si l’on se fie à l’hypothèse de l’inconscient, avec toutes les précautions qui s’imposent -- on y reviendra -- et que l’on considère le résultat d’une action comme le résultat véritablement recherché en dépit des apparences, on sera bien forcé de considérer qu’il y a bel et bien un inconscient à l’œuvre qui veut un Iran fort, une Russie forte, une Chine capable de prendre sa relève, bref, des contrepoids !

    Le cas libyen, toujours lui, apparaîtrait alors comme une sorte d’acte manqué produit par cette psychologie mue par la logique d’autodestruction. « Plus jamais la Libye » crient en chœur les Russes et les Chinois et la majorité des pays émergents ! Si on voulait se mettre à dos toute l’Afrique, la grande victime collatérale de ce crime, ainsi que toutes les puissances qui viennent d’être citées, on n’aurait pas fait autrement !
    Tout se passe comme si l’agressivité du bloc B.A.O. se retournait contre lui-même. 
    Sur tous les fronts, le même constat d’échec s’impose. Le plus puissant système économique, technologique et militaire de l’histoire ne peut plus avancer ! Cette situation nouvelle d’un ensemble gigantesque réduit à l’impuissance -- faute de pouvoir extérioriser sa terrible puissance -- est un phénomène paradoxal. Il explique la raison pour laquelle pratiquement tout le spectre politique occidental (gauche et droite confondues) s’exprime en faveur de la guerre, alors qu’elle est devenue ingagnable, en faveur de la croissance économique, alors que les ressources de la planète sont en voie d’épuisement, de la croissance financière, alors que les dettes creusent des déficits abyssaux… Aucune alternative basée sur la paix ne paraît envisageable. La reconnaissance de la réalité telle qu’elle est est ressentie comme une insupportable concession. Un tel Système ne peut dès lors s’en sortir que par son autodestruction, seule alternative à une destruction totale et finale.

    COMMENTAIRE

    Cette approche de Philippe Grasset paraît particulièrement adaptée à son objet, le monde occidental ressenti comme un bloc et obéissant à un système généré par une histoire commune et un ensemble de choix philosophiques et culturels également communs ; le tout reposant, qu’on veuille le reconnaître ou pas, sur un socle chrétien dont même le communisme est un avatar. C’est comme cela qu’il se perçoit, et c’est bien comme cela qu’il est perçu par les autres ensembles culturels.
    L’idée du Mal proposée par Philippe Grasset n’est pas étrangère à cette culture occidentale. Elle a été à maintes reprises formulée avec des connotations religieuses par George Bush, Tony Blair, etc… C’est elle que l’on retrouve à la base du mouvement des sionistes chrétiens qui a fait basculer les États-Unis en faveur des présidents Bush, père et fils, partisans de la « Croisade » du « Bien » contre le « Mal ». Mais on la retrouve aussi derrière la théorie du « chaos constructeur », chère aux néoconservateurs dont les idées sont aux commandes aux États-Unis comme en Europe. Or, l’imaginaire des chrétiens sionistes comme celui des néoconservateurs, repose, en dernière analyse, sur l’autodestruction. Les premiers veulent hâter l’Apocalypse et le Jugement dernier, les seconds, se référant à Nietzsche, veulent le chaos ca « il faut le chaos pour que naissent de nouvelles étoiles » !
    Il y a donc déjà, au niveau de l’imaginaire, un désir à peine inconscient d’une destruction totale nécessaire. Mieux, encore, pour ceux qui connaissent le récit de l’Apocalypse, fait par Jean de Patmos au 1er siècle de notre ère, ce désir de destruction s’alimente du besoin d’échapper à la « Bête », qui pourrait s’appeler de nos jour « déchaînement de la matière », à en juger par l’extrait suivant où il est question de « riches » et de « pauvres », d’hommes « libres » et d’ « esclaves », et de marché, derrière les termes d’ « acheter » et de « vendre ». Il n’y a pas jusqu’au « chiffre de la bête » qui ne fasse penser à nos précieux codes de cartes bleus :

    Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.

    (traduction de Louis Segond, 1910, source Wikipédia)

    Pour finir, il faut noter que l’inconscient dont il est question ici, qui serait à l’œuvre derrière cette logique d’autodestruction, ne saurait être en aucun cas l’inconscient du Moi individuel, qui reste accessible quand on prend la peine de s’y intéresser. Il s’agit plutôt de l’inconscient collectif, découverte principale de Carl Gustav Jung, qui est une sorte d’inconscient de l’espèce ; l’expression de l’instinct de l’espèce enfoui en nous très profondément, totalement inaccessible, mais qui s’exprime à travers les symboles et les mythes qui, à travers le temps et l’espace et toutes les cultures humaines, maintiennent éveillée, en nous, l’implacable réalité de la Lutte du Bien contre le Mal et perpétue en nous l’espoir de voir le premier l’emporter toujours sur le second et de partager, avec le poète, la certitude que, « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».

    Hédi Dhoukar, le 24 juin 2012.

    _____________

    * Toutes les citations sont extraites du supplément papier, dde.crisis du 10 juin 2012, volume 27 — n°9, édité par Philippe Grasset, téléchargeable gratuitement depuis son site.

    (1) À ce propos, lire absolument cet article sur le sort de Julian Assange.

    (2) Fidel si, BHO no…

    (source : hedidh.blogspot.fr) 

  8. dit :

    [...] enfin sorti de sa torpeur politique et du court-termisme depuis l’élection de François Hollande (1) à la tête de la France et le peuple grec vient de confirmer sa volonté de résoudre ses [...]

  9. dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Voici un texte qu’il me semble important de vous faire suivre : Quelles Solutions Face à la Crise ?
    Amicalement A+,
    Hugues ;-)

  10. Michel83 dit :

    Le jour de la chute du « Mur de Berlin », j’annonçais à mon entourage :
    « Le Communisme vient de mourrir, dans 20 ans ce sera le tour du Capitalisme ! »

    A bientôt.
     

    • pierre dit :

      oui… avec une légère différence tout de même… le communisme est mort foudroyé sur place et le capitalisme mettra un temps fou pour passer de vie à trépas…

  11.  
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